fâcher


fâcher

fâcher [ faʃe ] v. tr. <conjug. : 1>
• 1442 mot région. « dégoûter »; lat. pop. °fasticare, de fastidiare, class. fastidire « éprouver du dégoût » fastidieux
1Vx Affecter d'un sentiment pénible. affliger, attrister, 1. chagriner, contrarier, peiner. « ton trépas fâcherait tes amis » (Molière).
2(1539) Mod. Mettre dans un état d'irritation. agacer, exaspérer, indisposer, irriter, mécontenter. Il était « dangereux d'encourir la colère de Max ou de le fâcher » (Balzac). Soit dit sans vous fâcher. Absolt Loc. Des sujets qui fâchent : des sources de discorde. « les problèmes qui fâchent, l'immigration, l'éducation » (Libération, 1995).
3Cour. SE FÂCHER v. pron. Se mettre en colère. s'emporter, s'irriter, se hérisser; crier, gronder; fam. gueuler, râler (cf. Se mettre en rogne, voir rouge). Se fâcher contre qqn. Se fâcher tout rouge. Se fâcher pour un rien. « Entre deux controversistes, celui qui aura tort se fâchera » (Diderot). Si tu continues, je vais me fâcher.
Se fâcher avec qqn. se brouiller, rompre. Il s'est fâché avec son frère. Se fâcher à mort. (Récipr.) Ils se sont fâchés.
⊗ CONTR. Réjouir. Adoucir, calmer. Réconcilier (se).

fâcher verbe transitif (latin populaire fasticare, du bas latin fastidiare, du latin classique fastidire, éprouver du dégoût) Irriter quelqu'un, lui causer une contrariété ; mécontenter, chagriner : Ne le fâchez pas en le contredisant. Créer le désaccord entre deux personnes, les brouiller : Rien ne pourra nous fâcher. Familier. Faire que quelqu'un ne supporte plus ou ne comprenne plus quelque chose : Ce professeur n'a réussi qu'à le fâcher avec les mathématiques.fâcher (synonymes) verbe transitif (latin populaire fasticare, du bas latin fastidiare, du latin classique fastidire, éprouver du dégoût) Irriter quelqu'un, lui causer une contrariété ; mécontenter, chagriner
Synonymes :
- courroucer (littéraire)
- déplaire
- exaspérer
- mécontenter
- révolter
Contraires :
Créer le désaccord entre deux personnes, les brouiller
Synonymes :
Contraires :
- réconcilier

fâcher
v.
rI./r v. tr. Mettre en colère, irriter.
rII./r v. Pron.
d1./d Se mettre en colère. Se fâcher contre des enfants insupportables.
d2./d Se fâcher avec qqn, se brouiller avec lui.

FÂCHER, verbe trans.
A.— Emploi trans.
1. indir. (prép. à), vx. Être pénible (à quelqu'un). Ce qui plus lui fâchait, c'était sa compagnie, ces deux messieurs, et tous les passants regardant (COURRIER, Pamphlets pol., Gaz. vill., 1823, p. 188).
En tournure impers. Il lui fâcherait fort de perdre son emploi (Ac. 1835, 1878).
2. direct
a) [Le suj. ne désigne pas une pers.]
[Le suj. désigne une action, un comportement, une attitude, etc.]
♦ Affecter désagréablement et de manière assez durable. Votre refus l'a un peu fâché (Ac.). Cette réponse n'a pas semblé le fâcher, pas même l'étonner (M. DE GUÉRIN, Corresp., 1834, p. 121). Il y a pourtant des gens, que cette manière de faire vivre les fabricants fâche beaucoup (MALLARMÉ, Dern. mode, 1874, p. 783) :
1. Combien de fois je l'ai vu traverser tout à coup la boutique, prendre une pièce de quinze sous au comptoir et la serrer dans la main d'un malheureux en lui disant :
— Arrive, que je te vaccine.
Naturellement cet enthousiasme me fâchait, j'aurais autant aimé garder notre argent...
ERCKM.-CHATR., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 487.
Fâcher avec (qqn). Mettre en désaccord. Synon. brouiller. Il s'imaginait des catastrophes, des gifles, quelque chose d'abominable qui le fâcherait pour toujours avec Nana (ZOLA, Nana, 1880, p. 1354).
[Le suj. pronom. est déterminé par une prop. en appos.] Causer de la peine. Cela le fâcha d'avoir perdu son temps à la politique, lorsqu'il avait des affaires sérieuses (ZOLA, Terre, 1887, p. 377). Ce qui me fâchait davantage encore, c'est qu'il n'avait pas le droit de me citer de noms de généraux (PROUST, Temps retr., 1922, p. 752).
b) [Le suj. désigne une pers.]
Provoquer (chez quelqu'un) un sentiment plus ou moins pénible, désagréable. Vous me fâcheriez sérieusement si vous me forciez à vous répéter que je ne vous aimerais pas, si je ne vous estimais pas (HUGO, Lettres fiancée, 1820, p. 22) :
2. S'étant dégagée avec douceur, elle répondit d'une voix faible :
— Je ne peux pas. Je ne peux pas. Vous voyez bien que j'agis franchement avec vous. Je vous disais tout à l'heure que vous ne m'avez pas fâchée. Mais je ne peux pas faire ce que vous voulez.
FRANCE, Lys rouge, 1894, p. 197.
Mettre en colère. Crainte de fâcher qqn. Si je n'ose vous dire tout ce qui me passe par la tête, c'est de peur de vous fâcher encore (SOULIÉ, Mém. diable, t. 1, 1837, p. 165) :
3. Au café, on lui payait des tournées pour le garder, et il buvait intrépidement, riant et plaisantant, blaguant tout le monde, sans fâcher personne, pendant qu'on se tordait autour de lui.
MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, 25 francs, 1888, p. 251.
Expr. Soit dit sans vous fâcher. Que ce que je viens de dire ne vous mette pas en colère :
4. Il faut répondre à cette lettre à Lausanne où je retourne tout de suite. Ce pays, qui n'est pas plus facile pour les Français que le canton de Berne, m'éloignerait seulement de mon père et de mes amis de France. Je ne trouve pas que la société de Mme Bürkli vaille cela : ceci soit dit sans te fâcher, car elle t'aime beaucoup...
STAËL, Lettres div., 1794, p. 623.
Fâcher avec, contre. Mettre en désaccord (avec quelqu'un) de manière assez durable. Par besoin de polémique, on va me fâcher avec Mme Adam (FLAUB., Corresp., 1879, p. 171). Continuellement, elle en parlait, ne voulant pas le fâcher avec ses amis, exigeant qu'il les rappelât (ZOLA, Œuvre, 1886, p. 163) :
5. Elle rit avec arrogance, et se mettant tout à coup à tutoyer le facteur : « Ne t'en fais pas pour moi, mon gros! Les jalousies de Flamart, j'en fais mon affaire! Celui qui réussira à fâcher pour de bon Flamart contre moi, faudra qu'il se lève plus matin que vous tous! »
MARTIN DU G., Vieille Fr., 1933, p. 1060.
B.— Emploi pronom.
1. Se mettre en colère. Se fâcher sérieusement; finir par se fâcher; il n'y a pas de quoi se fâcher. Vous ne l'avez donc pas entendu se fâcher, quand il a su que l'appartement n'était pas meublé? (ZOLA, Conquête Plassans, 1874, p. 913). Elle se fâchait maintenant, disait des méchancetés et des injures (LOTI, Pêch. Isl., 1886, p. 205). Je t'assure qu'un de ces jours je vais me fâcher. (...) Oh! quand je dis « me fâcher », c'est une façon de parler. Mais je ne suis pas content (ACHARD, J. de la Lune, 1929, II, 8, p. 22).
[Suivi d'un compl. prép. désignant la cause ou l'objet d'un mouvement d'humeur, de colère]
Se fâcher à. Je me fâche à cette horrible idée d'anarchie sociale (FLAUB., Smarh. 1839, p. 79).
Se fâcher contre. Du Bellay se fâchait hors de propos contre les rondeaux et ballades (SAINTE-BEUVE, Tabl. poés. fr., 1828, p. 53). Alors elle se fâcha tout de bon, surtout contre moi, qui était déjà enrhumée (SAND, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 252).
Se fâcher de. Il délibéra longtemps avec lui-même pour savoir s'il devait se fâcher de ce mot :« je vous l'ordonne » (STENDHAL, Rouge et Noir, 1830, p. 83). L'autre jour, tu t'es fâchée de ce qu'il disait sur la politique (MAURIAC, Mal Aimés, 1945, III, 2, p. 227).
Se fâcher pour. Se fâcher pour un rien :
6. ... elle répétait :
— Il est très bon pour nous... Vous devez l'entendre crier quelquefois; c'est qu'il aime l'ordre en toutes choses, voyez-vous, jusqu'à en être ridicule, souvent; il se fâche pour un pot de fleurs dérangé dans le jardin, pour un jouet qui traîne sur le parquet...
ZOLA, Conquête Plassans, 1874, p. 972.
Loc. Se fâcher (tout) rouge. Se mettre vivement en colère. Il se fâche tout rouge, si l'on parle de livres aujourd'hui devant lui (STENDHAL, L. Leuwen, t. 1, 1835, p. 74). Je me suis fâché tout rouge contre lui (FLAUB., Corresp., 1876, p. 331) :
7. ... il est allé droit au chef, au généralissime, à Voltaire en personne, et l'a insulté de toutes les sortes, lui donnant tous les noms, avec une verve, un mordant, une insolence égale à son objet, et tout à fait heureuse. On s'est fâché rouge, mais il était seul; on a regardé, on l'a laissé faire et dire, et s'en retourner; on a même discuté tout haut sa démarche et son audace de bel air.
SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 3, 1848, p. 175.
2. Se fâcher avec. Se mettre en désaccord (avec quelqu'un) de manière assez durable. Ils se sont fâchés, sans explication, fâchés à mort avec les Daudet (GONCOURT, Journal, 1883, p. 291). Je me suis fâché, petit à petit, avec tous mes amis, sauf avec vous autres (DUHAMEL, Désert Bièvres, 1937, p. 37).
Emploi pronom. réciproque. Se brouiller avec quelqu'un. Ne nous fâchons pas, reprit Hulot au désespoir, je viendrai ce soir, et nous nous entendrons (BALZAC, Cous. Bette, 1846, p. 192). Rappelez-vous, Jules, ce que j'ai exigé, en vous donnant Marie : un enfant, pas plus, ou nous nous fâcherions! (ZOLA, Pot-Bouille, 1882, p. 65).
Prononc. et Orth. :[], [fa-] (je) fâche []. Enq. : /, (D)/ (il se) fâche. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1442 fachier « dégoûter, lasser, fatiguer » (MARTIN LE FRANC, Le Champion des Dames, éd. J. Quicherat ds le Procès, t. V, p. 50); 2. a) mil. XVe s. fascher « causer du déplaisir, mettre en colère » (Mystère du Viel Testament, éd. J. de Rothschild, t. IV, 34784); b) 1480 pronom. « se mettre en colère » (G. COQUILLART, Droitz Nouveaux, 601 ds Œuvres éd. M. J. Freeman, p. 159); 3. 1539 « affecter péniblement » (EST.). Prob. du lat. pop. fasticare issu par substitution de suff. du b. lat. fastidiare « faire le dédaigneux ou le dégoûté » (TLL s.v., 308, 65, sqq.; empr. en m. fr., dep. le XIVe s., sous la forme fastidier avec le sens de « dégoûter, rebuter, ennuyer » cf. GDF. et T.-L.). Fastidiare est issu du lat. class. fastidire « éprouver du dégoût », par changement de conjug. L'explication donnée par J. Brüch (v. FEW t. 3, 431b) sur la date d'apparition relativement récente du mot ne semble pas satisfaisante, les 1res attest. étant disséminées dans tout le territoire. Fréq. abs. littér. :1 919. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 2 261, b) 3 889; XXe s. : a) 4 190, b) 1 625.

fâcher [fɑʃe] v. tr.
ÉTYM. 1442; mot régional « dégoûter », du lat. pop. fasticare, altér. de fastidiare, du lat. class. fastidire « éprouver du dégoût », de fastidium. → Fastidieux.
1 Trans. ind. Vx. || Fâcher à (qqn). Dégoûter.
1 Je lui ai trouvé un mari, qui ne sera pas mal à propos pour elle, si d'aventure l'âge ne lui fâche (…)
J. Amyot, Caton d'Utique, 50, in Littré.
Impers. || Il fâche à qqn de (et l'inf.) ou que (et le subj.).
1.1 Il te fâche en ces lieux d'abandonner ta proie.
Racine, Mithridate, III, 1.
1.2 (…) je viens de loin, et il me fâcherait fort de retourner chez moi sans avoir exécuté mon dessein.
A. Galland, les Mille et Une Nuits, t. III, p. 469.
2 Trans. dir. Vieilli. Sujet n. de personne ou de chose. Affecter (qqn) d'un sentiment pénible. Affliger, attrister, chagriner, contrarier, contrister, déplaire (à), désespérer, désoler, ennuyer, peiner. || Acceptez, vous le fâcheriez.
2 Affable à tous avec dignité, elle savait estimer les uns sans fâcher les autres; et quoique le mérite fût distingué, la faiblesse ne se sentait pas dédaignée.
Bossuet, Oraison funèbre de Henriette-Anne d'Angleterre.
3 En effet, ton trépas fâcherait tes amis (…)
Molière, la Princesse d'Élide, I, 2.
4 (…) ce temps, qui me fâche quelquefois de courir si vite, s'arrête tout court, comme vous dites (…)
Mme de Sévigné, 408, 19 juin 1675.
3 (1539). Mod. Sujet n. de chose, ou, rarement, de personne (avec un compl. de manière). Mettre (qqn) dans un état d'irritation. Agacer, cabrer, colère (mettre en), dépiter, endêver (faire; régional), enrager (faire), exaspérer, indisposer, irriter, mécontenter, mortifier, piquer, refroidir. || Il y a des gens insupportables qui fâchent tout le monde par leurs grands airs (→ Estimer, cit. 28). || Par crainte de le fâcher… || Se mettre qqn à dos en le fâchant.Soit dit sans vous fâcher : que ce que je vais vous dire ne vous irrite pas.
5 Vous êtes un sot, un maraud, un coquin et un impudent. — Hé bien ! ne l'avais-je pas deviné (…) je vous l'avais bien dit que je vous fâcherais de vous dire la vérité.
Molière, l'Avare, III, 1.
6 Vendôme, piqué de la chose (…) lui répondit en colère et jurant « qu'il était un f… décideur, et qu'il se mêlait toujours de ce qu'il n'avait que faire ». Roquelaure, étonné de la sortie, fila doux et lui dit qu'il ne croyait pas le fâcher; mais Vendôme, s'emportant de plus en plus, lui répliqua des duretés, avec une hauteur qui ne se pouvait souffrir que par un valet, et dont le ton de voix ne fut pas ménagé.
Saint-Simon, Mémoires, t. I, XV, p. 219.
7 Enfin, il était trop dangereux d'encourir la colère de Max ou de le fâcher pour que ses meilleurs amis plaisantassent de la Rabouilleuse.
Balzac, la Rabouilleuse, Pl., t. III, p. 958.
Impers. || Cela, il (vieilli) me fâche de (et l'inf.) ou que (et le subj.). Le verbe de cette proposition est à l'infinitif si le sujet représente la personne fâchée (Cela, ça me fâche de voir un tel désordre) et au subjonctif si le sujet est différent (Cela, ça me fâche qu'il ait agi de la sorte).
Absolt.Un sujet qui fâche, qu'il vaut mieux éviter car il a des effets dangereux (en semant la discorde, en engendrant la peur, l'angoisse…). || « Aucune des questions qui fâchent n'a été évoquée » (le Monde, 12 mai 1999, p. 8).
——————
se fâcher v. pron. (Réfl.).
1 Cour. Se mettre en colère. Emporter (s'), irriter (s'), sortir (de son caractère, de ses gonds); crier, gronder, gueuler (fam.), râler (fam.), protester, rouspéter (fam.); → Montrer les dents, montrer de l'humeur, se mettre en rogne (fam.), voir rouge. || Je vais finir par me fâcher.Il s'est fâché tout rouge : il est dans une violente colère (→ Le sang lui monte à la tête). || Se fâcher contre qqn (→ Congédier, cit. 1; étreinte, cit. 6). || Se fâcher pour un rien. Chatouilleux (être); piquer (se).Se fâcher de qqch. : se mettre en colère à cause de qqch. || Se fâcher d'une plaisanterie. Formaliser (se); → Ne pas comprendre, ne pas entendre, ne pas goûter, prendre mal, au sérieux, de travers, trouver mauvaise la plaisanterie. — ☑ Prov. Qui se fâche a tort : celui qui se fâche le fait souvent pour masquer par de grands éclats la pauvreté de ses arguments.
8 La plupart s'en fâchaient; mais que leur servait-il ?
C'étaient les plus moqués. Le mieux était de rire (…)
La Fontaine, les Fables, IX, 8.
9 Entre deux controversistes, celui qui aura tort se fâchera (…)
Diderot, Pensées philosophiques, in Littré.
10 Les jolies femmes n'aiment point à se fâcher, aussi ne se fâchent-elles de rien; elles aiment à rire (…)
Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse, II, Lettre XVII.
11 Si c'était un caractère moins quinteux, voilà un rédacteur qui ferait admirablement et le sérieux, et le spirituel d'un journal berrichon (…) Mais ne se fâchera-t-il pas à propos de bottes ?
G. Sand, Lettre inédite à Duvernet, in Maurois, Lélia, p. 335.
12 Je me suis fâché tout rouge contre lui.
Flaubert, Correspondance, t. IV, p. 240.
13 (Cyrano, surgissant du parterre, debout sur une chaise, les bras croisés, le feutre en bataille, la moustache hérissée, le nez terrible)
— Ah ! je vais me fâcher (…)
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, I, 3.
14 Si tu continues à faire des grimaces, je fous les cartes en l'air et je rentre chez moi. — Ne vous fâchez pas, Panisse, ils sont cuits.
M. Pagnol, Marius, III, 1er tableau, 1.
2 (1865). || Se fâcher avec qqn : interrompre toute relation amicale ou affectueuse avec qqn. || Il s'est fâché avec son frère, avec tous ses amis. Brouiller (se), rompre. || Se fâcher à mort.
(Récipr.). || Ils se sont fâchés.
——————
fâché, ée p. p. adj.
ÉTYM. (XVe).
1 Mécontent. || Il est fâché, il a l'air fâché. Contrarié, humeur (de mauvaise).Fâché de : qui est désolé, qui regrette. Désolé, navré. || Je suis fâché de ce contretemps. Marri (vx), peiné. || Je suis fâché de vous causer cet ennui ( Regret [au]). || Je suis fâché de vos procédés. Froissé. || Il est fâché de votre décision.Je suis fâché qu'il ait dit cela, de ce qu'il ait dit cela, de ce qu'il a dit.Par euphém.Je ne serais pas fâché de (avec l'inf.), que (avec le subj.) : je serais content (→ Aimer, cit. 50). || Je ne serais pas fâché qu'il parte, de le voir partir : je serais heureux qu'il parte, de le voir partir.
15 Je n'ai pas été fâché de passer pour distrait; cela m'a fait hasarder bien des négligences qui m'auraient embarrassé.
Montesquieu, Portrait de Montesquieu par lui-même.
16 Je suis très fâchée, ma belle, et d'être privée du plaisir de vous voir, et de la cause de cette privation (…) Je m'acquitterai de votre commission auprès du Chevalier Danceny, qui sera sûrement très fâché de savoir votre maman malade.
Laclos, les Liaisons dangereuses, Lettre XIII.
17 À l'occasion, le moins frivole d'entre nous n'est pas fâché de trouver une de ces oasis où le cœur se détend.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. V, XXI, p. 165.
2 Être fâché contre qqn, brouillé. Humeur (avoir, nourrir de l'humeur); → Aigrir, cit. 15.Être fâché avec qqn. || Ils sont fâchés à mort depuis dix ans. Bouder; → Tourner le dos à; battre froid à, être en froid avec; être en mauvais termes avec qqn.Fig. || Être fâché avec qqch., se comporter comme si on l'ignorait. || Il est fâché avec l'orthographe, avec les maths ( fig. Brouiller, p. p.).
18 — Et puisque l'on témoigne une froideur extrême
À conserver les gens, je veux faire de même.
— Et moi de même aussi : soyons tous deux fâchés,
Et mettons notre amour au rang des vieux péchés.
Molière, le Dépit amoureux, IV, 2.
19 (…) cette façon (…) m'a déplu et je l'ai prié un peu rudement de cesser ce jeu. — Mais enfin vous n'êtes pas fâchés ? — Non, je regrette même, je l'avoue, d'avoir été aussi vif ! — Eh bien, j'arrangerai cela; j'irai le voir (…)
Huysmans, Là-bas, p. 72.
CONTR. Complaire (à), délecter, égayer, enchanter, plaire (à), ravir, réjouir, transporter. — Adoucir, apaiser, calmer, rasséréner. — Lier (se), réconcilier (se). — Content, heureux, satisfait, serein.
DÉR. Fâche, fâcherie, fâcheux.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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